5. Bordeaux et les autres manufactures
Voir la localisation sur le planBordeaux et les autres manufactures : des jeux d’influence mutuels
Lorsque l’on regarde attentivement les porcelaines issues de la manufacture des Terres de Bordes, on s’aperçoit non seulement qu’il existe des décors parfaitement identiques entre des pièces qui portent les deux V dorés des Verneuilh et celles qui arborent la marque en bleu d’Alluaud et Vanier, mais aussi que l’on peut faire d’intéressants parallèles avec d’autres manufactures françaises contemporaines. Cela va de la simple inspiration à la copie conforme.

Tasse à la Reine et sa soucoupe, manufacture des Terres de Bordes (marque d'Alluaud et Vanier), 1787-1790, porcelaine, collection privée © madd-bordeaux – L. Gauthier

Tasse et sous tasse, manufacture des Terres de Bordes (marque Verneuilh), 1787-1790, porcelaine, Bordeaux , Musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux © madd-bordeaux – L. Gauthier
De nombreuses raisons permettent d’expliquer ces proximités, qui ne revêtent pas, au XVIIIe siècle, le caractère négatif que l’on applique aujourd’hui à la pratique de la copie.
La première, et la plus simple, repose sur la circulation des modèles et des ouvriers.
La deuxième explication repose sur la présence simultanée, chez les marchands de céramique bordelais, des porcelaines de provenances très diverses. Bon nombre de manufactures parisiennes, notamment, disposent de dépôts en province. Ainsi, les almanachs de commerce et les annonces parues dans le Journal de Guyenne prouvent bien qu’à Bordeaux, on propose à la vente bien d’autres choses que de la porcelaine produite par la manufacture des Terres de Bordes.
Il ne faut pas oublier non plus que les marchands bordelais et Vanier reçoivent également des pièces en blanc venues de Paris et Limoges, qu’ils font ensuite décorer sur place.
Il faut enfin évoquer le rôle pivot joué par François Alluaud. Homme d’affaires chevronné, ce dernier tisse des liens professionnels et d’amitié avec de nombreux fabricants de porcelaine à qui il fournit des terres. Il se rend fréquemment à Paris se familiarisant ainsi avec les décors à la mode dans la capitale.

Pot à sucre, manufacture des Terres de Bordes (marque des Verneuilh), 1787-1790, porcelaine, collection privée © madd-bordeaux – L. Gauthier
Le talent des peintres de la manufacture des Terres de Bordes et les échanges entre fabriques sont tels qu’il en devient ainsi quasiment impossible d’attribuer avec certitude à telle ou telle manufacture une pièce sans marque.

Assiette, manufacture des Terres de Bordes (marque des Verneuilh), 1787-1790, porcelaine, musée des Arts décoratifs et du Design (inv. D 78.5.45) © madd-bordeaux – L. Gauthier
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